P. Dalcour 1844
Pour chanter la beauté que j’adore, ô ma lyre,
Seconde mes efforts!
De tes sons les plus doux, sur l’aile du zéphyre,
Porte-lui les accords!
A la vague qui vient mourir sur le rivage,
Aux oiseaux dans les airs,
A la brise du soir caressant le feuillage,
Emprunte tes concerts.
Recueille de la nuit ces mille sons étranges,
Mais doux, harmonieux,
Qui font que l’âme croit ouïr la voix des anges
Qui chantent dans les ceiux!
Si ma bouche jamis, près d’elle, n’osa faire
L’aveu de mon ardeur,
O ma lyre, aujourd’hui, dis-lui donc ce mystère,
Ce secret de mon cœur.
Puisse de tes accords la suave harmonie
S’exhaler doucement,
Comme un concert lointain, comme une symphonie
Dans un écho mourant!….
Qu’une brise légère,
Quand aura fui le jour,
Dans l’ombre du mystère
A celle qui m’est chère
Porte ce chant d’amour!
Quand de la nuit l’ombre s’avance
Et, telle qu’un nuage immense,
Descend sur le terre en silance,
Quand tout repose sous les ceiux,
Heure de douce rêverie,
Parfois son image chérie
Semble être présente à mes yeux!
Je voise sa taille de sylphide,
Son front pur, sa grâce candide,
Ses lèvres de corail humide,
Ses yeux noirs rempls de langueur;
Et je senes la vive étincelle
Qui, s’échappant de sa prunelle,
Soudain vient embraser mon cœur!
Je coirs aussi, dans mon délire,
Entendre sa voix qui soupire
Plus suave que le zéphyre
Jouant à travers les rameaux,
Et plus douce que le murmure
Du clair ruisseau dont l’onde pure
Serpente parmi les roseaux.
Quand une brise beinfaisante
Caresse la fleur odorante
Et s’élève plus envirante,
Le sour, vers la voûte des cieux,
Moi je crois de ma bien-aimée
Respirer l’haleine embaumée
Dans ce parfums délicieux!
Mais hélas! bientôt ce mirage
Qui réfléchissait son image,
S’enfuit comme un léger nuage
Que chasse un vent impétueux!
Ou telle, au leve de l’aurore,
on Voit l’ombre qui s’évapore
Au premiers rayons luminieux!
Alors, mais en vain, je m’écrie:
Reviens, ô douce rêverie,
Ombre décevante et chérie
reviens une dernière fois!
Hélas! quand ma bouce l’appelle
Je nm’entends que l’écho fidèle
Qui réponde qu loin à ma voix!….
Rânime-toi ma lyre!- Une lampe expirante
Jette avant de s’éteindre une vive clarté;
Exhale un dernier chant de ta corde vibrante
Qui dise les tournments de mon cœur agité!
Soit qu l’astre du jour inonde de lumière
Et la terre les cieux,
Soit que sur nous du soir le voile de mystère
Tombe silencieux;
Vierge, c’est toujours toi qui vis dans ma pensée,
Qui faise battre mon cœur,
Qui ramènes l’espoir en mon âme affaissée
Sous le faix du malheur.
C’est toi qui m’apparais, ô beauté qui j’adore,
La nuit, dans mon sommeil,
Quand le jour luit c’est toi que mon œil cherche encore
A l’heure du réveil.
Soucent, alors, je coirs voir une ombre légère
Qui vole autour de moi,
Cette ombre que ne peut dissiper le lumière,
C’est toi, c’est toujours toi!
Mais, ô déception, une ombre vaine, un rêve
Peut-il nous rendre heureux?….
Pour qui rêve au bonheur quand le songe s’achève
Le réveil est affreux!
Viens, oh! biens m’arracher à la douleur profonde
Où suis abime,
Viens je n’espère plus qu’un bonheur en ce monde,
C’est celui d’être aimé!
Car l’amour, l’amour seul d’une vierge adorée
Peut consoler le cœur des maux qu’il a soufferts;
C’est fraîche oasis, c’est la manne sacrée,
C’est la source d’eau pure au milieau des déserts!
TRANSLATION
To sing the beauty that I adore, oh my lyre
Help my endeavors
With your sweetest sounds on the wings of the Zephyr
Take, to her, the chords
To the wave that comes to fade on shore
To the birds in the air,
To the breeze of evening caressing the leaves
Lend your music
Gather from night these thousand, strange sounds
But sweet, harmonious
That make the soul believe it hears the voice of angels
Who sing in the heavens
If near her my lips never dared to make
The confession of my ardor
Oh my lyre, tell her today this mystery
This secret of my heart
May the sweet harmony of your chords
Whisper softly
Like a distant concert, like a symphony
In a dying echo !….
Like a gentle breeze,
When the day has fled,
In the shadow of mystery,
To her who is dear to me,
Carry this song of love!
When the shadow of night advances
And, like a towering cloud
Descends upon the earth in silence,
When all rests beneath the heavens
Hour of sweet daydreaming
Sometimes her dear image
Seems to appear before my eyes
I see her transcendent figure
Her unblemished forehead
Her lips of glistening coral
Her dark eyes filled with languor
And I sense the living spark
Which, escaping from her eyes,
Suddenly comes to enflame my heart
I believe also in my disorientation
To hear her voice which sighs
More soothing than the zephyr
Frolicking through the branches
And more sweet than the murmur
Of the clear spring whose pure water
Winds among the reeds
When a beneficent breeze
Caresses the fragrant flower
And rises more entrancing,
The soul, toward the vault of the heavens,
I believe, of my beloved,
Breathing the fragrant breath
In this delightful scent
But alas! soon this mirage
That reflected her image,
Fled like a gossamer cloud
Chased by an impetuous wind!
Or as, at the break of dawn
One sees the shadow vanishing
In the first luminous rays!
Then, but in vain, I cry
Return oh sweet dream
Illusory, though beloved, shadow
Return one last time!
Alas! when my voice calls here
I only hear the faithful echo
That responds far away to my voice
Revive yourself my lyre! A dying lamp
Casts before it fades a bright light
Sigh one last song from your vibrating string
That tells the sorrows of my troubled heart
Whether the star of day overflows with light
Both earth and sky
Or whether over us the veil of twilight
Silently falls.
Maiden, it is always you who dwells in my thoughts
Who makes my heart beat
Who returns hope to my soul, weakend
under the weight of grief
It is you who appears to me oh beauty whom I adore
at night, in my sleep
When day shines it is you that my eye seeks again
At the hour of awakening
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P. Dalcour (1844) “Chant d’Amour” in Les Cenelles : Choix de Poesies Indeigenes [Ed. Armand Lanusse] New Orleans : H. Lauve et Compagnie pp.17-22
Genre: Poetry
Language : French (Cajun)
Meter: Alexandrine